Maintien des droits jusqu'à la retraite

Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede xiquin » 20 Avr 2016, 00:10

Bon le courrier est fait, il part demain.
Je vous tiens au courant bien sûr.
Merci encore.
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rayman59 » 19 Mai 2016, 19:25

Désolé mais suis nouveau sur le forum donc j'espère que mon message passera. J'ai le même problème pour le maintien des droits jusqu'a ma retraite. Je me bats avec Pole emploi depuis plusieurs mois car pour eux étant de 1954 je devais partir en retraite au 01/01/16 sauf qu'il me faut au minimum 165 trimestres et que j'en avais que 164. N'étant pas indemnisé en janvier 2016 , j'ai réussi en février dernier à rétablir mon indemnisation puisque je rentrais bien dans tous les critères nécessaires à ce maintien. Je précise que j'avais sur mon compte au 31/01/16 un reliquat de 289 jours. Comme Pôle emploi m'avait demandé de redéposer en avril 2016 de nouveau mon relevé de situation individuelle de la Carsat. Le 18/04/16 j'ai donc déposer ce document datant du 15/04/16 à Pole emploi en mains propres. Celui-ci mentionnait toujours un total de 164 trimestres ne me permettant pas de demander ou bénéficier de ma retraite. L'agent de Pole emploi m'a bien confirmé que cela convenait pour la poursuite de mon indemnisation. Or le 9 mai n'ayant toujours aucun versement sur mon compte , je me déplace à l'agence pour obtenir des explications et là j'apprends que Pole emploi 'a considéré en retraite au 01/04/16 et que je ne serais pas et plus indemnisé. Je pousse ma gu.... en leur exposant les faits mais rien a faire. Depuis c'est un dialogue de sourds ne répondant même pas à mes mails. Donc pour Pole emploi je suis en retraite depuis le 01/04/16 sans me le justifier par un quelconque document sans même m'avoir averti de la suspension de mon indemnisation et pour la Carsat à ce jour je ne peux toujours pas prendre ma retraite car il me manque toujours 1 trimestre. De plus même si aujourd'hui la carsat comptait le 1er trimestre 2016 il ne pourrait pas me régler le mois d'avril mais peut être le mois de mai mais pas avant cet été. Je suis désemparé et ne sais plus comment faire je suis pris en otage par Pole emploi et la Carsat deux organismes publiques. J'ai vu sur ce forum que je devais dans ce cas envoyer une LR/AR au Directeur mais sinon auriez-vous une autre solution pour débloquer la situation en urgence en dehors de faire appel au médiateur. Désolé du long récit. Merci d'avance pour vos réponses.
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Messagede Rosecelavi » 20 Mai 2016, 00:29

Bonsoir Rayman59,

Pour le maintien de l'indemnisation jusqu'à la retraite quand on n'a pas tous ses trimestres, c'est ici :

http://www.pole-emploi.fr/candidat/main ... z?id=61331

Si vous correspondez aux critères et que vous pouvez, selon vous, bénéficier de cela, il faut que vous fassiez un courrier, en recommandé avec accusé de réception, à l'attention du Directeur d'Agence, dans lequel vous ferez savoir que vous remplissez les critères pour bénéficier du maintien de vos indemnités jusqu'à la retraite car vous n'avez pas le nombre de trimestres requis.

Si vous voyez que cela ne bouge pas, vous pourrez saisir le Médiateur national et le Défenseur des Droits.

Cordialement,

Rosecelavi
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede berenice » 23 Mai 2016, 11:09

Un simple relevé de carrière N'A PAS SUFFIT pour moi.
J'ai DEMANDE MA RETRAITE, puis la carsat m'a fait une proposition de retraite minorée puisque pas tous les trimestres.
J'AI donc REFUSE la retraite, et la Carsat m'a envoyé cette fameuse notification de refus pour trimestres insuffisants.


C'est une dame de ma caisse de retraite qui m'a donné la marche a suivre, et cela a fonctionné, mais ça a pris du temps !!!
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rayman59 » 31 Mai 2016, 09:53

Pour information et pour faire suite au feuilleton de Pole emploi et de la Carsat , je confirme que j'ai bien envoyé en date du 19/05/16 un courrier en LR/AR au Directeur de l'agence Pole emploi selon le modèle de lettre que m'avait envoyé par lien Rosecelavi dont je remercie. N'ayant aucune réponse du Directeur, j'ai donc effectué un courrier au médiateur de Pole emploi qui vient de me confirmer qu'il étudiait le dossier et revenais vers moi prochainement. Entre-temps j'ai reçu un appel du référent règlement de Pole emploi , personne en charge d'appliquer les réglements ( Euh pardon leurs réglements). Pour lui, Pole emploi n'est pas en faute( le contraire m'aurait étonné) puisque qu'en juillet 2015 j'avais reçu une lettre ( d'information et non une notification ) de Pole emploi me précisant que compte tenus de mon année de naissance je devais demander ma retraite et qu'a partir du 01/01/2016 je ne serais plus indemnisé. Sauf qu'il faut respecter les conditions pour l'obtenir soit 165 trimestres en ce qui me concerne et j'en avais 164... Pour lui, la Carsat devait compter les trimestres de 2015 pour ainsi bénéficier de mon départ en retraite au 01/01/16. Or la Carsat ne compte qu'une seule année d'indemnisation chômage. Ce référent a donc appelé la Carsat qui lui as appris que du fait que j'avais demandé une retraite anticipée pour carrière longue, une seule année de chômage était comptabilisé, normal. Par contre j'ai appris avec stupeur que de ce fait ma demande de retraite n'était pas basculé automatiquement sur une retraite normal. Il faut refaire un dossier de demande de retraite mais la Carsat ne m'a jamais averti ni informé de ce fait. Le référent m'a bien confirmé que je ne serais pas indemnisé de mon mois d'avril ni les mois suivants la faute incombant à la Carsat ( c'est si facile de refiler la patate chaude au petit copain). Elle m'a également fait comprendre qu'a la limite, comme je pouvais bénéficier au 01/01/16 "d'une retraite normal" et que Pole emploi m'avait indemnisé ce premier trimestre 2016 à tord, Pole emploi était en droit de réclamer ce trop perçu... C'est le bouquet c'est bien Pole emploi qui m'a versé cette indemnisation suite au dépôt de mon relevé de situation individuelle datant du 05/01/16, je ne l'ai pas volé. Bilan j'ai immédiatement refait une demande de retraite normal en me déplaçant directement à la Carsat le lendemain de cette information. Ma demande de retraite à été demandé au 01/06/16 ( toujours le 1er jour du mois suivant la demande) et j'ai effectué un courrier au médiateur de la Carsat pour expliquer ma situation et demander un recours gracieux pour obtenir ma retraite au 01/04/16 date à laquelle Pole emploi ne veut plus m'indemniser. Coté Pole emploi j'ai bien précisé au médiateur qu'aucune notification m'avait été envoyé pour me m'informer ou me confirmer qu'au 01/04/16 je ne serais plus indemnisé ce qui n'est pas normal. C'est tout de même incroyable que ces organismes fassent ce qu'ils veulent et qu'ils interprètent les textes comme bon leur semble. J'estime que Pole emploi ne respecte pas les textes même si effectivement la Carsat n'est pas blanche dans cette affaire. A ce jour je suis sans aucun revenu depuis le 01/04/16, je ne suis pas à plaindre car j'avais mis une pomme pour la soif au cas ou... mais la pomme va s'épuiser rapidement. Par contre je me mets à la place des chômeurs qui se retrouvent dans cette situation sans aucune pomme de réserve...Ne vous laissez pas faire, battez-vous. Je vous tiendrais informé prochainement de la suite du feuilleton.
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rosecelavi » 31 Mai 2016, 12:24

Bonjour Rayman59,

Ce serait bien que vous fassiez un dossier pour le Défenseur des Droits et que vous lui demandiez d'intervenir, en évitant de parler de votre pomme pour la soif parce qu'après tout, vous pourriez vous retrouver à la rue parce qu'on vous prend pour une patate chaude ???

De plus, comme vous pouvez le voir, le maintien d'indemnisation jusqu'à la retraite par Pôle Emploi, c'est vraiment un parcours d'obstacles qui vous sont balancés dans les jambes et qui vous empêchent d'avancer. Vous êtes toute une ribambelle à vous retrouver sans droits, avec des tracasseries administratives, des informations fausses ou erronées, voire des décisions qui ne correspondent pas aux textes en vigueur.

ça vaudrait le coup de le faire savoir en des lieux faits pour que les droits de chacun et de tous soient respectés, appliqués.

Cordialement,

Rosecelavi
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rayman59 » 15 Juin 2016, 09:32

Désolé de répondre si tardivement Rosecelavi mais j'ai un peu "pété" les plombs ces derniers temps et me suis retrouvé hospitalisé... dernière nouvelle aucune réponse du Directeur de Pole emploi suite à ma lettre recommandée avec accusé de réception. De plus j'ai reçu une notification de trop perçu de Pole emploi qui me réclame le 1er trimestre de cette année... c'est un comble. C'est pourquoi j'ai pété les plombs puis suis allé faire un scandale à l'agence en les menaçant de les mettre au tribunal administratif. Hier j'ai reçu un appel du médiateur de Pole emploi à qui j'avais adressé un courrier pour expliquer la situation. IL m'a confirmé que Pole emploi avait bien fait des erreurs et qu'effectivement comme Pole emploi à rectifier ma situation c'est à dire pris mes trimestres de 2015 pour pouvoir bénéficier de ma retraite au 01/01/16 , le 1er trimestre 2016 n'aurait pas dus être payé... sauf que comme je l'ai fait remarqué au médiateur il m'était et il m'est aujourd'hui impossible de prendre ou de demander ma retraite avec un effet rétroactif au 01/01/16, c'est évident... Il m'a donc demandé de lui envoyé un mail en précisant mes derniers rendez-vous avec la Carsat , a quelle période ma retraite sera débloqué, et en expliquant ma situation financière actuelle en détail. J'ai précisé que je faisais de suite ce mail mais qu'en aucun cas je détaillerais mon patrimoine, mes relevés de compte, le salaire de ma compagne, etc...je préciserais le montant de nos revenus actuels et de nos charges point à la ligne. On ne peut pas être juge et parti, cela est du ressort de la justice qui est là pour ça. Il a bien compris que j'étais déterminé à aller jusqu'au bout pour obtenir mes droits et comme Pole emploi n'était pas blanc dans ce dossier il fallait mieux s'arranger à l'amiable. Il s'engage a présenter mon dossier accompagné de ce courrier à la commission paritaire pour supprimer " a titre gracieux" ( j'aime bien le terme gracieux alors qu'ils reconnaissent leur faute) cette notification de trop-perçu. Pour lui il n'y aura aucun souci dans ce sens. Comme je suis très méfiant, j'ai précisé que si cela se passait mal, j'irais en justice éventuellement en passant auparavant par le défenseur des droits car là franchement raz le bol. Du coté Carsat, leur service à également bien reconnu leurs erreurs ne m'ayant pas notifié la raison pour laquelle je ne pouvais pas prendre ma retraite carrière longue. Un nouveau dossier a donc était fait pour une demande de carrière normal déposé fin mai mais je ne serais pas notifié ni indemnisé avant juillet et encore que sur ma retraite de base et en plus qu'a partir du 01/06/16. Pour obtenir la retraite avec rétrocession au 01/04/16 je dois faire de nouveau une demande. Comme j'avais anticipé et fait un courrier au médiateur de la Carsat j'attend son retour et vous tiendrez au courant de l'évolution de mon dossier. Je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas et il serait éventuellement intéressant de se regrouper pour présenter nos doléances à qui de droit. Pour l'instant je vais attendre la décision coté Pole emploi avant d'aller voir le défenseur des droits. Qu'en pense -tu Rosecelavi ?
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rosecelavi » 15 Juin 2016, 11:52

Bonjour Rayman59,

Je suis sincèrement désolée de voir que toutes ces tracasseries ont eu raison de votre santé au point de vous retrouver hospitalisé !

C'est un point qu'il ne faudra pas oublier si vous deviez faire un dossier auprès du Défenseur des Droits (le plus circonstancié, justifié, possible).

Vous me demandez mon avis sur le regroupement de tous ces litiges en un lieu qui pourrait permettre d'avoir un lieu ou l'ampleur des dégâts puisse être mesurer et qu'à un moment, des actions correctives puissent être mises en place. Pour moi, c'est bien le Défenseur des Droits qu'il faut saisir pour ce faire. Il y a aussi, à un moment où un autre, les plaintes au tribunal. Mais cela demande souvent non seulement une énergie, mais aussi des moyens financiers si vous n'avez pas l'aide juridictionnelle.

J'espère vraiment que l'IPR prendre en compte votre situation dans son ensemble, les erreurs commises à Pôle Emploi et à la CARSAT et qu'ils vous rétabliront dans vos droits.

Sinon vous revenez et on verra ce que nous pouvons faire.

Prenez soin de vous !

Cordialement,

Rosecelavi
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede louise michel » 28 Juil 2016, 11:11

bonjour,

Pour saisir le juge administratif, il n'y a nullement besoin de payer un avocat; il suffit de déposer en les numérotant dans l'ordre chronologique chacune des lettres échangées avec Pôle emploi et la Carsat, d'y joindre une demande au juge sur papier libre (votre requête) demandant le règlement de votre problème, sans reversement du trop perçu dû à l'incurie de l'administration, mention du texte juridique sur le maintien des droits et attendre ....

Je pense qu'avec le médiateur c'est maintenant réglé sinon à quoi servirait-il?

quel courage! bravo!
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Re: Maintien des droits jusqu'à la retraite

Messagede Rosecelavi » 28 Juil 2016, 12:09

Ci-dessous : Un article qui en dit long sur les difficultés rencontrées par des personnes qui réclament leurs droits à la retraite, et entre autres la violence subit par Patrice

Mais compte tenu du raffut qui a été fait par les amis de Patrice, par sa fille, par les militants associatifs, par Nuit Debout, la CARSAT devient, comme par hasard, plus rapide quand elle reçoit un courrier qui fait référence à la réactivité de ses services quand une personne s'immole devant ses portes, et quand on lui demande s'il faut en arriver là pour que son dossier de retraite soit enfin liquider ?!


Alors surtout, ne vous immolez pas, envoyez juste un courrier dans lequel vous direz que vous ne voulez pas en arriver là pour que votre retraite soit liquider comme c'est arrivé à Patrice Claude à Marseille !


Patrice Claude s’est immolé pour sa retraite
25 juillet 2016 | Par Mathilde Goanec

Chaque mois ou presque, des hommes et des femmes s’immolent par le feu dans un espace public. Patrice Claude est passé à l’acte fin avril, sur le trottoir de la caisse de retraite du Sud-Est, à Marseille. Il a survécu. Sa fille Coraline se bat depuis pour faire sortir son histoire « du fait-divers ».

Coraline coupe des morceaux de melon dans une assiette, qu’elle dépose sur la table de la terrasse. Les palmiers, les rhododendrons, la mer azur au loin, l’air est tranquille. Derrière la baie vitrée, le lit d’hôpital de son père, Patrice. L’homme porte, sous sa chemisette, une combinaison qui lui couvre et comprime tout le torse et les bras, des bas de contention sur les deux jambes et une minerve plastique autour du cou. Patrice Claude s’est immolé le 27 avril devant la caisse de retraite du Sud-Est, et vit depuis un mois dans un centre de rééducation à Hyères, spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Après avoir été plongé quinze jours dans un coma artificiel pour limiter les douleurs, les médecins l’ont greffé de toutes parts. Aujourd’hui, il marche d’un pas plutôt assuré dans les couloirs, salue les voisins de chambre, discute le bout de gras avec l’infirmier. « Ce que je ne peux pas encore faire, c’est lever vraiment les bras, ou me baisser. Si je me baisse, je tombe. » Difficile de croire que cet homme enjoué, blagueur, a pu, un après-midi d’avril, s’asperger d’alcool et y mettre le feu.

Patrice Claude est photographe, a même créé une compagnie de théâtre pour enfants, dans une autre vie. Il est descendu dans le Sud il y a 20 ans, peu après la naissance de sa fille, Coraline. Intermittent du spectacle, il vivait ces derniers temps du RSA, puis de l’allocation spécifique de solidarité. Opéré des vertèbres cervicales, il touchait également une allocation pour adulte handicapé. En janvier 2016, la retraite approchant, Patrice dépose un dossier à la Carsat (caisse d’assurance retraite) Sud-Est, à Marseille. « Au début, ça s’est très bien passé, j’ai eu un rendez-vous, j’étais plutôt bien reçu. »

Mais la Carsat fait des travaux, relègue l’accueil au fond des bâtiments, au pied de ses bureaux qui occupent l’une des plus hautes tours de la ville. « Mon dossier bloquait. La Carsat me réclamait une pièce de la complémentaire que cette dernière assurait avoir déjà envoyée. Personne n’en démordait. » Retraité officiellement le 1er mai, Patrice commence à s’impatienter devant l’échéance, et retourne plusieurs fois à la permanence d’accueil de la caisse de retraite, pour obtenir des renseignements. On lui réclame par courrier un autre document, relatif à son service militaire – « trois jours dans les années 70 », plaisante Patrice –, qu’il demande sans jamais rien recevoir. Il retourne une dernière fois le 27 avril à l’accueil de la Carsat, interroge une employée. « Elle m’a dit que mon dossier était traité par madame untel, qui était en vacances pendant quinze jours. Ma retraite débutait trois jours après, j’ai pété les plombs. » Il n’obtient pas de voir la hiérarchie mais rencontre une seconde employée, qui lui assure que son dossier sera traité en temps et en heure.

Patrice rentre chez lui, prépare la chambre qui doit accueillir quelques jours plus tard sa fille Coraline, comédienne à Paris. Passe même à la laverie pour nettoyer les draps de la chambre. Puis envoie un mail à la Carsat, leur demandant « d’arrêter tout ». Y retourne, et s’immole. « Je me suis planté devant, pour ne pas qu’il y ait d’erreur, pour qu’on sache que c’était chez eux. » Deux jeunes gens voient Patrice en flammes, le couvrent de leur veste pour éteindre l’incendie. Les gardiens de la Carsat le prennent ensuite en charge, et l’amènent aux douches du bâtiment en attendant les secours. Les journaux locaux relatent immédiatement l’affaire, et l’information remonte jusqu’à la ministre de la santé Marisol Touraine, qui appellera l’hôpital marseillais pour prendre des nouvelles dès le lendemain. Le 28 avril, dans toute la France, les intermittents se mobilisent, on est en plein mouvement social, l’ambiance est électrique.

Malgré le raffut, la police attend le vendredi, trois jours après l’immolation de Patrice, pour prévenir sa fille. Coraline est dans le métro parisien, elle n’entend pas bien. Le policier répète son message, la jeune femme finit par intégrer l’information et prend le premier train pour Marseille. « Mon père n’était pas déprimé, ni suicidaire. Au contraire, il faisait attention à lui, à ce qu’il mangeait, aimait cuisiner des produits frais. Peut-être que la perspective de mon arrivée, et de ne pas avoir les moyens de m’accueillir correctement, l’a fait paniquer ? » Trois mois plus tard, Patrice explique son geste : « Je suis locataire, je n’ai aucune économie, j’ai l’habitude de vivre comme ça, avec peu de moyens. Je savais que ma retraite serait toute petite, c’était pas grave. Mais là, j’ai eu le sentiment que du jour au lendemain, j’allais me retrouver sans rien, sans aucun revenu. »

À peine arrivée à Marseille, après avoir vu son père « entre la vie et la mort » selon les médecins, Coraline écrit un texte pour raconter ce qui s’est passé. Le texte circule dans les réseaux militants, sur Facebook. Coraline intervient à Nuit debout, à Marseille, et rassemble autour d’elle un petit noyau dur, collectif improvisé fait de syndicalistes, nuitdeboutistes ou simples usagers du service public. Ensemble, ils tentent depuis de sensibiliser la Carsat et les usagers au drame de Patrice, en organisant tractages et manifestations. Assis autour d’un café au centre de rééducation de Hyères, Coraline dit à son père : « Tu as ouvert le bal, je n’ai fait que suivre. »

À la Carsat de Marseille, Anne Dumontel et Élodie Meissel, respectivement directrice et sous-directrice retraite, assurent également que « depuis des semaines, on vit autour de ça ». « C’est suffisamment choquant pour que ça nous interpelle », poursuivent les deux femmes. Elles disent aussi leur « étonnement », plaident que le dossier de Patrice Claude était un « dossier normal », qui n’a pas particulièrement traîné. Le retraité, qui à 62 ans n’avait pas tout ses trimestres, est éligible à l’Aspa, communément appelé « minimum vieillesse ». Sa pension au total avoisine les 800 euros. « Nous sommes 1 500 salariés. Bien sûr qu’une personne en vacances ne met pas en péril un dossier…, fait valoir Anne Dumontel. Pour l’Aspa, c’est vrai que ça prend un peu plus de temps, parce qu’il faut qu’on vérifie auprès de la Caf, de Pôle emploi, pour voir si le dossier est conforme… Mais on lui a dit que son dossier serait prêt au 1er mai, et qu’il serait payé une première fois le 9 juin. » Sa collègue ajoute : « Le passage à la retraite est un moment compliqué pour tout le monde, nous pouvons comprendre qu’il se soit senti impuissant. »

Administrativement, le dossier a été débloqué le 28 avril, le lendemain de l’immolation. « C’est parce que mon père s’est immolé que ça a bougé », assène Coraline. « On notifie en général quelques jours seulement avant la date de retraite, il s’agit d’une coïncidence malheureuse », récuse la Carsat. La caisse de retraite souligne par ailleurs ses « bons résultats » : trois à quatre mois de durée de traitement en moyenne, 96 % des paiements effectués dans les délais, 90 % des retraités « satisfaits des contacts avec la Carsat », selon un audit externe (réalisé pendant un mois sur 300 personnes).

Les témoignages, qui ont afflué par mail ou directement auprès de Coraline Claude après l’immolation de son père, décrivent un tout autre monde. « J'ai déposé mon dossier en novembre, raconte une femme, retraitée depuis le mois d’avril et qui en mai n’avait toujours pas de nouvelles. Je ne connais pas le montant de la retraite que je vais toucher. J’ai dû apporter la preuve d'avoir cessé mon activité salariée au 31 mars. Je ne peux plus prétendre aux Assedic : comment survit-on financièrement ? » Un autre, en mai : « J’ai déposé ma demande de retraite il y a plus de 6 mois et 10 jours… 
Impossible d'avoir en direct la personne qui traite mon dossier pour savoir ce qui se passe. 
Je ne sais plus quoi faire pour enfin avoir mon dû ! »

Coraline Claude, lors d'une manifestation devant la Carsat, en juin. © Crédit : Boris Nicot Coraline Claude, lors d'une manifestation devant la Carsat, en juin. © Crédit : Boris Nicot

Boris, fils d’un artiste peintre à la retraite, fait de son côté ce récit. « Ça s’est débloqué pour mon père… après l’immolation de Patrice. Son dossier était en attente depuis quatre ans. » La faute au parcours professionnel un peu zigzagant d’un homme « marginal, qui a un rapport très problématique avec l’administration », précise son fils. « Il a fallu purger toutes les micro-retraites auxquelles il avait droit pour arriver au minimum vieillesse. En attendant, il est resté sans ressource pendant un an. » La Carsat a accumulé 14 000 euros de paiement en retard, depuis 2013, selon Boris. « J’ai fini par prendre les choses en main, et j’ai appelé trois fois par semaine pendant trois semaines l’agent en charge de son dossier. Quand Patrice s’est mis le feu, j’ai lâché ma colère, disant que j’avais l’impression que c’était une guerre aux pauvres qui était menée ! Ils ont paniqué et en une demi-journée c’était réglé. » Près de 10 000 euros ont été versés à son père, et sa pension enclenchée.

La difficulté d’accès aux dossiers semble être un problème récurrent. « On ne voit aucune personne physique qui connaît notre situation, détaille Patrice Claude. C’est impossible d’aller dans les étages, de voir son dossier, en vrai. C’est toujours l’ordinateur qui décide. » Depuis 2012, la Carsat a décidé de fonctionner « sur rendez-vous », par mail et par téléphone. Un accueil en libre-service reste possible, géré par deux employés qui renvoient eux aussi vers l’écran.

Devant les grilles de l’édifice à Marseille, sous le cagnard, une poignée d’usagers attend l’ouverture de cette permanence. À part un homme, qui vient chercher une attestation de paiement et dit n’avoir « aucun problème », tout le monde se plaint. « J’ai perdu mon mari qui a travaillé toute sa vie en France, j’attends sa pension de réversion depuis un an, relate cette femme aux cheveux noirs, une pochette serrée contre elle. On m’a dit “non” par courrier au motif que je n’avais pas de carte de séjour. Je n’ai plus aucune ressource, je ne peux pas payer mon loyer, et j’ai été convoquée au tribunal. Au téléphone, on m’a dit que peut-être qu’avec un passeport, ça pouvait marcher. Alors je suis venue. » À plusieurs reprises, elle répète qu’elle n’a pas compris les courriers envoyés, « qu’on ne nous dit pas les droits qu’on a ».

Tout près, deux amies s’éventent, cherchent la fraîcheur près d’un muret. L’une a perdu sa mère en mars, et comptait sur sa retraite pour payer ses obsèques. Elle a fait des chèques en attendant, retarde avec peine leur débit : « La Carsat m’a dit qu’il manquait un papier, et m’a donné un mail où l’envoyer, mais moi j’y connais rien à l’Internet. Je suis venue des Alpes pour déposer mon document, c’est plus sûr. » Une autre histoire de décès, pour une autre femme, encore : « J’ai essayé d’appeler plusieurs fois le 3960, ça répond jamais, c’est surtaxé en plus. » Même à six centimes la minute, la ligne téléphonique dédiée est « sous pression », concède Anne Dumontel.

Abdelkader Kherroubi arrive avec sa sacoche en cuir. Il en sort un dossier volumineux, des dossiers administratifs en cours, souvent en souffrance. Abdelkader Kherroubi est l’un des écrivains publics de Marseille: il est chargé d’expliquer et de répondre aux courriers des habitants qui ne savent pas écrire en français. Devant le délai de traitement avancé par la Carsat, quatre à six mois, il sourit : « C’est un peu plus je crois… » Dans son cahier, chaque page est barrée par des lignes tracées aux crayons bleu et rouge. Un nom, une adresse, un numéro de dossier, la date du retour administratif, les pièces manquantes. Du doigt, il suit les lignes : « Cette femme attend depuis dix ans la pension de son mari », « Celui-ci, cela fait dix mois qu’il attend sa retraite », « Là, la pension a été versée à la mauvaise personne »… Les clients d’Abdelkader Kherroubi sont souvent des travailleurs immigrés, qui prennent leur retraite à Marseille ou « au bled ». Dans la région comme ailleurs, les difficultés d’accès à la retraite pour cette population de « chibanis » sont un vrai point de crispation.

La Carsat assure qu’elle a mis en place le mécanisme de « liquidation provisoire », qui permet de débloquer une partie de la pension à la date du départ en retraite, sans attendre que l’ensemble du dossier soit constitué. Régine Kalfoun est dans ce cas. Retraitée au 1er juillet, elle a déposé son dossier en mars. « Mais il manque encore des documents de la Caf, qui ne les donneront pas avant septembre, mais qui permettront d’augmenter ma pension de 200 euros. En attendant, je vis avec 300 euros par mois. Heureusement que j’ai la pension de mon mari… les autres, je ne sais pas comment ils se débrouillent, je comprends qu'on puisse avoir peur. » Régine a été « très bien reçue à la Carsat ». « Le problème, c’est que c’est mal coordonné avec la Caf, il faut beaucoup se déplacer à droite et à gauche. Moi je ne sais pas me servir du mail. Et le téléphone, ce n’est pas la peine. Ils ont décroché une seule fois, en avril. »

Aude, intermittente et membre de la CIP (coordination d’intermittents et précaires), jeune femme aux cheveux courts et à la voix rauque, a été très touchée par le geste de Patrice Claude. Elle donne depuis un coup de main à Coraline pour tenter « de lever l’opacité sur la Carsat », entreprise privée ayant une mission de service public, financée par les cotisations retraite des employés (voir en boîte noire). « On est face à un mur fait d’incompréhensions. Et la dématérialisation du service public, c’est la bordélisation suprême. Mais chaque usager pense qu’il est le seul à avoir des problèmes, chacun reste dans son coin. »

Manifestation à la suite de l'immolation de Patrice Claude, en juin 2016, devant la Carsat de Marseille. © Crédit : Boris Nicot Manifestation à la suite de l'immolation de Patrice Claude, en juin 2016, devant la Carsat de Marseille. © Crédit : Boris Nicot

Un avis que n’est pas loin de partager Thierry Sirer, administrateur CGT de la Carsat Sud-Est (chaque Carsat est gérée par un conseil d’administration paritaire, composé d’administrateurs salariés, employeurs, représentants de l’État et de la Fédération nationale de la mutualité française). « Pour le cas précis de Patrice Claude par exemple, le code de la Sécurité sociale dit explicitement qu’il ne peut pas y avoir de coupure dans les allocations, donc il aurait continué à recevoir ses allocations jusqu’à toucher sa retraite. Mais est-ce que cela lui a été dit explicitement ? Est-ce qu’on est allé jusqu’au bout du détail ? Pour moi, c’est bien le signe de la déshumanisation du service public. » Le représentant syndical se refuse cependant à noircir le tableau, refusant d’associer la Carsat Sud-Est aux scandales qui ont éclaboussé certaines de ses homologues ailleurs en France, responsables de plusieurs milliers de retraites non versées, comme dans le Pas-de-Calais. « Ici, le stock de dossiers en retard est gérable, explique Thierry Sirer. Et la statistique est belle, pour plus d’un million de dossiers, ça roule. Mais il reste toujours un pourcentage de gens, souvent plus vulnérables, que l’on n’arrive pas à gérer correctement, qui ont besoin de contact, d’avoir un interlocuteur, du face-à-face. » La CGT, en 2012, s’est d’ailleurs opposée à la fermeture des points d’accueil dans la Carsat Sud-Est.

« Un service public doit être au contact du public », martèle le syndicaliste. Or pour Patrice Claude, la Carsat « est un aéroport, avec caméras de surveillance de partout et vigiles à l’entrée ». Obligations d’un immeuble de grande hauteur, réplique la direction, et surtout nécessité de faire face aux « incivilités » : « Tous les jours, on a des gens qui agressent les salariés, note Isabelle Dumontel. C’est lié à la société, assez globalement. Les gens pensent qu’ils viennent chercher un dû à recevoir immédiatement. » Mais qui, de l’œuf ou de la poule, énerve l’autre ? « J’ai vécu la même chose que Patrice, c’est peu dire que son geste m’a touché, témoigne Alain Bonnefoy, futur retraité et auto-entrepreneur en attendant. La Carsat, l’Urssaf, la Caf, le RSI, tous ces organismes ont fermé leurs portes, on parle devant un interphone, ou à un répondeur, c'est humiliant… Je sais bien que ce n’est pas la faute des salariés, mais le plus gentil du monde peut sortir de ses gonds et péter les plombs. »

Patrice y a bien pensé, « à la violence gratuite, contre la Carsat, mais c’est pas mon tempérament ». Retourner la violence contre soi-même, trait commun des immolés. En France, une personne s’immole tous les quinze jours dans un espace public, souvent devant une administration, selon l’enquête menée par la journaliste Olivia Colo et le photographe Samuel Bollendorff. Mediapart a publié ses images ici. Un simple relevé de la page faits-divers de la presse régionale de ces derniers mois permet de confirmer l’ampleur du désastre.

Le 6 juin dernier, un homme âgé de 46 ans s'est présenté devant la mairie de Veyrins-Thuellin, dans le Nord-Isère, et s'est mis le feu. Un mois avant, c’est une Mâconnaise d’une quarantaine d’années qui fait le même geste, devant la Caf. En avril, immolation sur la place de la République, à Paris. Le 14 juillet dernier, une femme « en quête de minima sociaux », selon Corse-Matin, s’est aspergée d’essence devant le conseil général, à Marseille. « Il faut à tout prix sortir ce sujet de la case des faits-divers, supplie Coraline Claude. Quand mon père s’est immolé, un psychiatre est venu le voir à l’hôpital. Mais est-ce qu’un psychiatre est allé voir la Carsat ? »
Rosecelavi
 
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